Le retour à un Ramadan «normal» n’est pas pour déplaire aux Oujdis !

.-Par Hicham Boumehdi-.

Après deux années chahutées par la pandémie de la Covid-19, le retour à un Ramadan “normal”, libéré de la plupart des contraintes liées à la situation épidémiologique, n’est pas pour déplaire aux habitants de la ville d’Oujda, comme ailleurs au Maroc, qui ont pu renouer avec les traditions et rituels marquant ce mois sacré.

Si la pandémie n’est pas encore finie et que les gestes et bonnes pratiques de précaution restent de mise, il n’en est pas moins vrai que Ramadan est marqué cette année par le retour à la normalité, que ce soit pour l’accomplissement de rites comme la prière de Tarawih dans les mosquées, la fréquentation des marchés pour préparer les spécialités culinaires et acquérir les habits traditionnels ou encore les sorties nocturnes après le F’tour.

Un soulagement pour les habitants de cette ville, connue pour l’ambiance de piété et les traditions ancestrales qui accompagnent la célébration du mois béni et font partie de l’héritage culturel et civilisationnel de la Cité Millénaire.

Une tournée dans les marchés de la ville, en particulier ceux de la médina, suffit pour constater la forte affluence des citoyens qui font leurs courses surtout pour préparer les spécialités culinaires servies pendant le F’tour, à commencer par l’indétrônable Harira.

Les commerces et vendeurs spécialisés dans la préparation et la vente de gâteaux et friandises traditionnels voient leur chiffre d’affaires grimper à l’occasion de ce mois sacré, compte tenu de l’engouement pour des produits prisés comme la Chebbakia, Makrout, Zlabia, Kaâk, Briwat et chamia.

D’autres produits phares du Ramadan, comme les dattes, connaissent également une hausse de la demande, comme le confirme Mounir, un marchant ambulant approché par “M24”, la chaîne d’information en continu de la MAP dans la médina, qui n’a pas caché sa satisfaction pour la reprise de l’activité commerciale ramadanesque, en comparaison avec les niveaux constatés durant les deux dernières années.

Ali, un commerçant de dattes, de fruits secs et d’épices installé près de l’emblématique Bab Sidi Abdelouahab, principale porte d’entrée au marché de la médina, a confirmé la bonne santé de l’activité commerciale liée au mois sacré, par rapport à la même période des deux dernières années.

“On remarque une certaine amélioration par rapport aux dernières années. On espère que la reprise sera pérenne, car les commerçants ont beaucoup souffert des répercussions de la pandémie”, a déclaré Noureddine, un autre commerçant de la médina, notant au passage que les marchés sont abondamment approvisionnés en produits de consommation, notamment ceux particulièrement prisés durant le mois sacré.

A cet égard, il convient de souligner la forte mobilisation des autorités locales afin de garantir un approvisionnement régulier des marchés en différents produits alimentaires, et assurer le contrôle de la qualité et des prix.

Le retour des prières de Tarawih est aussi un fait marquant de ce Ramadan post-Covid. Les fidèles affluent massivement aux mosquées pour accomplir ce rite après la prière d’Al-Ichaa’, ce qui permet de renouer avec une ambiance ramadanesque particulière, dans cette ville connue pour abriter un grand nombre de mosquées.

Par ailleurs, les habitants peuvent désormais se déplacer librement après la rupture du jeûne, après deux Ramadans marqués par de fortes restrictions limitant les déplacements nocturnes au strict nécessaire, dans le but de freiner la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus.

Ainsi, les visites familiales et les rencontres humaines se voient facilitées, durant ce mois béni où les fidèles sont vivement encouragés à raffermir leurs liens avec leurs proches et promouvoir l’esprit de fraternité et de solidarité.

Les sorties après le F’tour ont également pour effet de redonner vie à la ville et animer ses espaces, ses commerces et son secteur des services, en particulier les cafés et restaurants, contrairement à ce qui a été le cas durant la même période des deux dernières années.