Omniprésence des femmes dans le cinéma maghrébin (colloque)

La présence des femmes sur la scène cinématographique maghrébine connait un réel essor et s’est fortement renforcée, ont affirmé, mercredi, des cinéastes et critiques du cinéma participant à la 8ème édition du Festival maghrébin du film d’Oujda (FMFO).

Cette présence ne se limite pas à «meubler le décor», mais ambitionne de réinventer le cinéma maghrébin selon une vision esthétique renouvelée, ont ils souligné lors d’un colloque sur le thème «Quel impact de la femme sur le cinéma maghrébin ?».

A cet égard, le réalisateur marocain Saâd Chraïbi a noté qu’il faut prendre en considération deux aspects de la question, à savoir la présence des femmes comme cinéastes et leur présence en tant qu’actrices, estimant que dans l’ensemble, la «représentativité» des femmes dans le cinéma maghrébin a connu une nette amélioration, grâce à l’émergence de créatrices prometteuses qui mettent l’accent sur les questions de la femme et sa place dans la société.

La réalisatrice tunisienne Salma Beccar, qui a passé en revue sa carrière cinématographique, a confirmé ce constat et a ajouté que le septième art maghrébin connait une véritable dynamique, même si, paradoxalement, le nombre des salles du cinéma ne cesse de diminuer dans les pays de la région.

Elle a aussi souligné que les femmes cinéastes s’attaquent, dans leurs œuvres, à différents sujets de la société et de l’humanité et ne se limitent plus à traiter uniquement de questions relatives aux femmes.

Dans le même sens, le critique de cinéma Khalil Damoun a mis en exergue la présence accrue des femmes marocaines dans les différents métiers cinématographiques, relevant que les universités marocaines s’ouvrent de plus en plus sur les formations dans ce domaine.

De son côté, Patricia Caillé, professeur chercheur à l’Université de Strasbourg, a mis l’accent sur l’essor économique et technique du secteur du cinéma au cours des dernières années.

Elle a noté, d’une part, que la production de films est devenue moins coûteuse et que le produit cinématographique est désormais accessible sur plusieurs plateformes, et, d’autre part, que la production se tourne de plus en plus vers le divertissement au détriment du cinéma d’auteur.

Cette 8ème édition est ponctuée par des conférences traitant de questions et sujets liés au 7è art, en plus d’ateliers de formation aux métiers du cinéma notamment le scénario, l’analyse de l’image, l’initiation à la vidéo et le casting.

La cérémonie d’ouverture de cet événement, organisé jusqu’au 15 juin sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, a été marquée par des hommages rendus aux réalisateurs marocain Kamal Kamal et Sâad Chraïbi, à l’Algérien Rachid Bouchareb et à l’acteur égyptien Sherif Mounir, en reconnaissance de leurs contributions au cinéma et à la télévision arabe et maghrébine.