L’expérience marocaine dans l’ESS saluée par des étrangers

Plusieurs participants étrangers à la 8è édition du Salon national de l’Economie sociale et solidaire (ESS) ont hautement salué l’expérience marocaine dans ce domaine, soulignant qu’elle constitue un modèle de développement original à suivre par les pays africains.

Venant de plusieurs pays africains et européens, ils ont mis en avant les progrès enregistrés par le Royaume sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI, faisant part, dans des déclarations à la MAP de l’importance de ce Salon en termes d’échanges, de renforcement des capacités et de développement de partenariats.

’’Je suis très agréablement surpris de voir les progrès que réalise le Royaume du Maroc dans le domaine de l’économie social et solidaire sous l’impulsion de SM le Roi’’, a dit Jean Gatel, Premier secrétaire d’Etat chargé de l’Economie sociale et solidaire dans un gouvernement de la République française.

Pour ce chercheur-universitaire qui a beaucoup voyagé en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne, le Maroc est en passe de s’imposer comme étant le leader du modèle de l’économie sociale et solidaire dans l’ensemble du continent africain.

Notant que le Maroc jouit d’un modèle original de développement de l’ESS, qui est proche de son histoire puisqu’il y avait toujours une très grande tradition de solidarité et d’entraide en Afrique, M. Gatel, fin connaisseur du secteur, a relevé que le Salon reflète l’énorme travail qui est fait par des coopératives, souvent féminines, qui sont spécialisées dans plusieurs domaines (artisanat, produits de terroir, produits de proximité, valorisation des plantes aromatiques et médicinales.. ).

Il a aussi mis l’accent sur la richesse des débats et des discussions engagés dans le cadre de cette édition et qui ont montré, selon lui, qu’il fallait absolument que ce secteur se professionnalise et acquiert ses lettres de noblesse, à travers notamment l’accompagnement des porteurs d’idées et des nouveaux entrepreneurs qui sont vraisemblablement la future richesse du pays.

Pour sa part, Adama Sawadogo, président du Conseil régional du Centre-Nord au Burkina Faso, a fait remarquer que la participation à ce Salon de trois coopératives burkinabè venues présenter leurs produits (beurre de karité, habit traditionnel, plantes médicinales, ..) s’inscrit dans le sillage de la coopération décentralisée entre le Maroc et le Burkina, saluant dans ce sens l’hospitalité et l’ouverture du Maroc sur les différents pays du monde comme en témoigne la présence d’exposants, d’experts et de conférenciers étrangers à cette manifestation.

Ce salon permet un échange de produits mais aussi de capacités à travers l’organisation d’une série de séminaires et d’ateliers de formation au profit des acteurs du secteur coopératif et de l’économie sociale et solidaire, a-t-il poursuivi, affirmant que c’est une belle initiative que ‘’nous saluons à sa juste valeur’’.

Quant à Carlos Cozano, directeur des relations internationales de la confédération espagnole des entreprises de l’économie sociale, une organisation qui regroupe plus de 42.000 entreprises, il a avancé que ce Salon de l’ESS ‘’nous a offert l’opportunité de partager l’expérience espagnole dans le domaine de la formation, de l’accompagnement et du soutien des entrepreneurs et entrepreneuses de l’économie sociale à travers un système assez particulier et innovant pour renforcer l’économie sociale et profiter de sa valeur ajoutée ».

Il ressort des débats très enrichissants au sein du Salon et du partage des expériences de différentes parties et de certains pays, a-t-il ajouté, que les entrepreneurs de l’économie sociale ont besoin d’un soutien particulier, mettant l’accent à cet égard sur la coopération étroite liant le Maroc et l’Espagne dans différents domaines.

De même, Bamba Lassiné, expert ivoirien qui est à sa deuxième participation au Salon national de l’ESS, a tenu à souligner que les thématiques abordées lors de cette édition sont assez réalistes que pertinentes surtout que la question de l’économie sociale et solidaire est au croisement des chemins.

Mettant en avant l’importance du secteur de l’ESS pour les pays africains en termes d’emploi et d’inclusion sociale et économique au profit des personnes en difficulté, M. Lassiné a toutefois préconisé l’impératif de la conjugaison des efforts pour surmonter certaines contraintes afin de parvenir à une économie performante, durable et pouvant générer la dividende financière.

De son avis, l’accompagnement des acteurs de l’ESS doit aller au-delà du simple soutien technique, insistant ainsi sur le nécessité d’adopter une approche de proximité pour mieux connaître les difficultés, et partant, trouver des réponses réalistes et réalisables.

A son tour, Nabil M’Rad, président d’une association de l’économie sociale et solidaire et de la coopération en Tunisie, s’est félicité de l’évolution du concept du Salon et du niveau de l’organisation ‘’exemplaire’’.

’’C’est un modèle qui a réussi et qui fait même des jalousies’’, a dit ce Tunisien, installé en France depuis 52 ans, notant que les Marocains doivent être fiers aujourd’hui, de la démarche, de la conceptualisation et surtout de l’appui de manière très opérationnel des femmes et des hommes pour le développement de leurs activités économiques et pour mieux vivre, et ce à la faveur d’une volonté royale et d’un engagement de la part du gouvernement.

Rappelant les relations séculaires d’amitié et de fraternité existant entre le Maroc et la Tunisie, M. M’Rad a précisé que le Royaume a beaucoup à apporter aux pays du Maghreb en matière de promotion et de développement de l’économie sociale et solidaire.

Un autre participant de la Côte d’Ivoire et habitué du Salon national (7è fois), Syla Abou Bakari, consultant en ESS et membre du Conseil d’administration du Réseau africain de l’ESS (RAESS), a déclaré que ’’le Maroc a excellé dans ce domaine’’, qualifiant le Salon national de l’ESS de l’un des « meilleurs au monde en la matière ».

Tous les participants sont satisfaits de la tenue de ce salon qui s’améliore au fil des éditions et qui constitue un modèle à suivre en Afrique et ’’Nous appelons les responsable marocains à hâter la promulgation de la loi cadre dédiée à l’économie sociale et solidaire pour que les pays subsahariens puissent s’inspirer de cette expérience et se doter d’un cadre légal en phase avec la réalité du continent’’, a-t-il enchaîné.

Le développement aujourd’hui de l’Afrique dépend largement du développement de l’économie sociale et solidaire, a-t-il dit en substance, ajoutant que ’’tous les pays subsahariens s’inspirent du modèle marocain et que le Royaume a pris de l’avance dans le domaine de l’économie sociale et solidaire’’.

De son côté, Latifa Gahouchi, sénatrice et députée régionale en Belgique, a salué un grand salon qui offre à voir la richesse des produits exposés et la qualité des coopératives, notamment féminines, qui sont des moyens de s’émanciper de manière extraordinaire.

Cette native d’Oujda s’est dite impressionnée surtout par le savoir-faire des femmes, du milieu rural en particulier, qui sont présentes en force au sein de coopératives actives dans le secteur de l’économie sociale et solidaire.

D’après elle, ‘’l’avenir de l’homme passe par les femmes d’autant plus que 98% des coopératives sont gérées uniquement par des femmes’’.

Placé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, le Salon est organisé, pour la première fois à Oujda, par le ministère du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport aérien et de l’Economie sociale sous le thème «L’Economie sociale et solidaire : Initiatives renouvelables et opportunités prometteuses».