Les poussins de l’association andalouse ouvrent le bal de la 26éme édition du Festival de la musique gharnatie d’Oujda

La 26ème édition du festival de la musique gharnatie d’Oujda, s’est ouverte, samedi soir au Théâtre Mohammed VI, aux rythmes de chants interprétés avec brio par les poussins de l’association andalouse d’Oujda.

Vêtus de djellabas blanches, chaussés de babouches jaunes et coiffés de tarbouches rouges, des enfants de l’association ont ouvert le bal de cette édition de trois jours, organisée par le ministère de la Culture en partenariat avec la préfecture d’Oujda-Angad, l’Agence de l’Oriental et la commune urbaine d’Oujda.

Petits d’âge, mais grands de talent, ces enfants porteurs du flambeau de la musique gharnatie ont gratifié le public venu nombreux pour passer des moments de romance et de joie, d’un spectacle mémorable de musique et de chants et de louanges et panégyriques du Prophète Sidna Mohammed, puisé dans le riche répertoire de la musique andalouse.

Les mélomanes et les férus de ce style musical authentique ont également eu droit à des morceaux exécutés avec magnificence et perfection par les seniors de l’association andalouse, l’association Dar El Ghernatia- Kolea (Algérie), et l’association Moussoulia de la musique gharnatie, ayant transporté le public dans un monde de méditation, de spiritualité et de beauté.

Dans une déclaration à la MAP, le président de l’Association Dar El Ghernatia, Bouaalem Kherrous a affirmé que « de tels événements contribuent à la consolidation des liens culturels entre les peuples », ajoutant que le Maroc, l’Algérie et la Tunisie disposent d’un patrimoine commun que nous devons tous  préserver.

« Nous avons participé à plusieurs festivals artistiques au Maroc dont celui de 1992 à Oujda. Aujourd’hui, nous sommes tous appelés à renouer avec cette tradition et à faire de l’art un facteur d’union et de progrès », a-t-il ajouté, notant que cette édition permettra aux jeunes et aux moins jeunes de découvrir ce genre musical et de s’y adonner.

Pour sa part, le directeur régional de la Culture, Abdelali Sibari, a souligné que cette édition a pour objectifs de participer au rayonnement culturel et artistique de la ville d’Oujda, de faire connaître sa richesse culturelle et son rôle pionnier dans la préservation de ce genre musical ancestral et de créer des opportunités de rencontre et de dialogue entre les artistes et le public, notant que ce rendez-vous classé parmi les importants festivals dédiés au patrimoine, tend à contribuer à la dynamique culturelle et touristique au niveau régional et national.

« Nous allons organiser prochainement deux journées d’étude sur l’état des lieux et les perspectives de la musique gharnatie à Oujda, le but étant de mettre en relation l’ensemble des associations s’activant dans cet art au niveau de la ville d’Oujda, afin de promouvoir ce genre musical et de pouvoir mieux organiser les prochaines éditions », a-t-il enchaîné.

Le festival constitue une plateforme annuelle d’échange et de brassage d’expériences artistiques avec l’accueil d’une vingtaine de troupes marocaines, algériennes et tunisiennes, a-t-il encore ajouté.

De son côté, le président de l’association Moussoulia de la musique gharnatie, Badr Belaayachi, a fait observer que le Festival qui accueille des troupes marocaines et maghrébines témoigne de l’importance des liens de fraternité liant ces pays, ajoutant que cette édition vise à répondre aux attentes du public oujdi féru de cet art ancestral.

La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par des hommages rendus à des figures de proue de ce genre musical, à savoir les deux artistes Hussein ben Abdelkerim et Ahmed Tantaoui en reconnaissance de leurs contributions dans la promotion et le rayonnement de la musque gharnatie.

Né depuis des siècles dans les villes espagnoles de Grenade, Séville et Cordoue, l’art gharnati continue aujourd’hui de vivre et de séduire dans la cité millénaire d’Oujda.