Les défis de la lutte contre la migration illégale au centre d’un colloque à Nador

13/12/2018 – La Cour d’appel de Nador a organisé, jeudi, un colloque sous le thème « les défis de la lutte contre la migration illégale », avec pour objectif de débattre des sujets liés à ce phénomène sur les plans local, national et international.

13/12/2018 – La Cour d’appel de Nador a organisé, jeudi, un colloque sous le thème « les défis de la lutte contre la migration illégale », avec pour objectif de débattre des sujets liés à ce phénomène sur les plans local, national et international.

Selon les organisateurs, cette rencontre qui intervient à l’occasion de l’adoption lors de la Conférence intergouvernementale sur la migration, tenue les 10 et 11 décembre à Marrakech du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, s’inscrit dans le cadre de l’ouverture du ministère public sur son environnement et de son interaction avec les différents acteurs institutionnels et civils.

Intervenant à cette occasion, le premier président de la Cour d’appel de Nador, Abdelaziz Mehiaoui, a indiqué que si la migration est un phénomène qui accompagne l’humanité depuis ses origines, elle a pris néanmoins une ampleur particulière depuis les années 1970 et ce pour des raisons sécuritaires, économiques, politiques, familiales et climatiques.

La migration ne concerne pas uniquement les pays développés, mais l’on fait état dorénavant d’une migration Sud-Sud, a-t-il fait observer, notant que le Maroc est à la fois un pays de transit et d’accueil de migrants.

M. Mehiaoui a, par ailleurs, relevé que les années 1990 ont connu l’apparition de réseaux criminels s’activant dans l’organisation de l’immigration clandestine, ce qui a donné lieu à des tragédies humaines dont les femmes et les enfants sont les principales victimes, appelant dans ce sens à renforcer la protection de cette frange de la société et sanctionner fermement les personnes impliquées.

Il a aussi salué les efforts de lutte contre l’immigration clandestine ayant permis en 2018, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur, de mettre en échec plus de 76.000 tentatives d’immigration clandestine et de démanteler 174 réseaux criminels actifs dans ce domaine.

M. Mehiaoui a également mis l’accent sur la loi n° 02-03 du 11 novembre 2003 relative à l’entrée et au séjour des étrangers au Royaume du Maroc, à l’émigration et l’immigration irrégulières, un texte juridique qui offre les garanties fondamentales liés au respect des droits de l’Homme.

Pour sa part, le procureur général du Roi près la cour d’appel de Nador, Abdelhakim El Oufi, a considéré que le Maroc, dans son traitement de la question migratoire, accorde une grande importance au volet humain, comme en témoigne entre autres l’opération de régularisation de la situation administrative des immigrés.

La migration illégale, dont l’ampleur varie d’un Etat à l’autre, est due à plusieurs facteurs dont le déclenchement de conflits armés, l’intention d’échapper à la justice, ou encore ceux liés au trafic de drogue et à la traite des êtres humains, a-t-il ajouté, notant que le Maroc a mobilisé d’énormes moyens matériels et des ressources humains qui œuvrent jour et nuit pour faire face à ce phénomène.

Les réseaux spécialisés dans l’organisation de la migration clandestine ont de plus en plus recours à de nouveaux modus operandi, d’où la nécessité de fédérer les efforts des Etats concernés pour y faire face, a-t-il relevé.

De son côté, le substitut du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Nador, Said Hammouch est revenu sur les motifs de promulgation de la loi 02-03, liés notamment à cette vague de migration qu’a connu le pourtour méditerranéen au début des années 2000, mais aussi aux engagements pris par le Maroc à l’échelle internationale et son adoption de plusieurs conventions relatives à la migration.

Ce colloque tenu à « la Maison de l’avocat de Nador », a été marqué par la présence notamment du gouverneur de la province de Nador, Ali Khalil, du gouverneur de la province de Driouch, Mohamed Rochdy, ainsi que de plusieurs personnalités civiles, militaires et judiciaires.