La pratique de l’intelligence économique en Afrique en débat

En Afrique, l’intelligence économique est perçue comme étant un impératif de premier plan pour les pays souhaitant s’insérer dans l’économie mondiale, ont souligné, vendredi à Oujda, des participants à un colloque international.

‘’Il s’agit d’une composante essentielle du développement économique qui constitue l’un des enjeux d’intégration des pays de l’Afrique dans l’économie mondiale’’, ont-ils fait remarquer.

Les acteurs de l’intelligence économique en Afrique visent à s’inspirer des expériences étrangères, à développer des initiatives africaines, tout en tenant compte des spécificités culturelles, ont-ils ajouté, notant toutefois que peu d’articles scientifiques traitent de la pratique de l’intelligence économique ou de la veille stratégique dans le continent.

Ce colloque international qui a pour thème central ‘’La pratique de l’intelligence économique en Afrique : spécificités et limites’’, est organisé par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d’Oujda en partenariat avec le Centre de Recherche et de Développement de l’Oriental (CRDO).

Pour les organisateurs, l’intelligence économique est considérée comme un outil d’aide à la décision ou une habileté à comprendre un environnement complexe afin de prendre la bonne décision.

Dans ce sens, relèvent-ils dans une note de présentation, savoir maîtriser son environnement est plus que vital aussi bien pour les entreprises que pour les nations, dans une économie mondiale marquée par une guerre économique et informationnelle.

Et de poursuivre que l’apport de l’intelligence économique réside dans sa capacité à mobiliser l’information stratégique, les compétences et les connaissances.

Intervenant à l’ouverture de cette rencontre de deux jours, le président de l’université Mohammed Premier (UMP-Oujda), Mohamed Benkaddour a relevé que dans un monde marqué par un rythme effréné de mutations au niveau économique et social, notamment depuis le début du 21è siècle, et face au développement technologique et au phénomène de la mondialisation, il est devenu nécessaire de réfléchir à des procédés scientifiques adaptés pour mieux envisager l’avenir et répondre à des besoins en perpétuelle évolution.

Devant une telle situation, a-t-il dit, l’acquisition et la maîtrise des nouvelles compétences fondées sur le savoir et l’expertise est devenue une nécessité impérieuse afin de construire une vision prospective qui soit capable de faire face aux défis, aux difficultés et aux crises.

Dans cette veine, M. Benkaddour a estimé que l’intelligence économique est un outil indispensable pour atteindre les objectifs escomptés, exploiter les opportunités offertes et s’adapter aux nouveautés, de même qu’elle apporte un éclairage précieux pour les décideurs et leur fournit les éléments dont ils ont besoin pour définir leurs stratégies.

De son côté, Mme Rajae Meftah qui intervenait au nom de la CGEM de l’Oriental, a indiqué que la thématique de cet événement revêt une importance majeure dans un contexte caractérisé par la mondialisation des marchés et le développement des technologies de l’information.

Aujourd’hui, l’intelligence économique s’est imposée comme un puissant outil au service de la compétitivité des pays et des sociétés, a-t-elle enchaîné, faisant savoir qu’au-delà de l’information, l’Intelligence économique (IE) veut aussi dire la gestion intelligente de la connaissance pour savoir, comprendre et anticiper sur la concurrence.

‘’Le but ultime de l’IE est de transformer l’information et la connaissance en une valeur ajoutée pérenne’’, a encore ajouté Mme Meftah, rappelant dans ce sens que la CGEM a mis en place une commission dénommée ‘’Intelligence économique’’ et qui a pour principale mission la sensibilisation des PME et des entreprises membres sur la place de plus en plus importante que joueront le savoir et l’information au sein de l’entreprise.

Le secrétaire général du Centre de recherche et de développement de l’Oriental, Hicham Saber a relevé, quant à lui, que l’essor remarquable des technologies de l’information et de la communication a largement impulsé la mondialisation croissante des économies.

Ces nouvelles technologies, a-t-il avancé, ont non seulement accéléré le rythme de circulation de l’information, mais elles ont également mis les Etats et les entreprises face à une masse d’informations surabondante, dont la portée et la pertinence requièrent la mise en place d’un dispositif d’intelligence économique performant et efficace.

’’L’intelligence économique se perçoit aujourd’hui comme le rappel de l’urgence de l’anticipation, de l’analyse de la prospective et de la vigilance au risque permanent de faiblir, fléchir et disparaître’’, a expliqué M. Saber.

Le principal objectif de ce colloque international est de réunir des chercheurs, des universitaires et des experts, du Maroc et d’autres pays africains, pour enrichir le débat sur les spécificités de la pratique de l’intelligence économique en Afrique et discuter l’apport d’un modèle d’intelligence économique africain.

Les interventions porteront notamment sur ‘’les défis de l’intelligence économique en Afrique’’, ‘’les technologies de l’information et de la communication et intelligence économique’’, ‘’l’intelligence économique et gouvernance du territoire’’, ‘’les politiques d’intelligence économique’’, ‘’la veille technologique et l’innovation’’, ‘’Big Data et Open Data’’, ‘’l’IE et diplomatie économique’’, ‘’lobbying et influence’’, ‘’l’intelligence économique et commerce international’’, ‘’les formations en intelligence économique dans les universités marocaines : Etat des lieux et défis’’.