La gouvernance territoriale au coeur d’un colloque

« Gouvernance territoriale et développement local », est le thème central d’un colloque international dont les travaux ont débuté, jeudi à Oujda, avec la participation d’universitaires, d’experts et d’enseignants-chercheurs marocains et étrangers.

Initiée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) en partenariat avec l’Observatoire nationale de développement humain, cette manifestation scientifique de deux jours (28-29 novembre) tend à offrir un espace de réflexion et de débat, aussi bien en termes de diagnostic que de perspectives, sur la gouvernance territoriale et le développement local.

Aujourd’hui, la gouvernance territoriale, pilier fondamental des politiques et programmes gouvernementaux, place les collectivités territoriales comme des acteurs incontournables dans la gestion des territoires et la conception et la mise en œuvre des projets de développement local, ont expliqué les organisateurs à l’ouverture de ce colloque.

Cependant, ont-ils fait remarquer, les évolutions multidimensionnelles, la diversité des acteurs locaux et la volonté croissante des citoyens de s’engager et de participer au processus de prise de décision et de contribuer à la gestion de la chose publique au niveau local, sont autant de facteurs qui ont changé fondamentalement l’équation de la gouvernance territoriale et la portée de son concept.

La verticalisation des politiques publiques, les multiples niveaux de gouvernance territoriale, le manque de convergence et la multiplication des structures tant au niveau national que régional, ainsi que la diversité des intervenants ont rendu la gestion territoriale difficile et complexe, ont-ils estimé, notant que cette problématique ne peut être réduite à un simple processus de délégation de compétences et de mesures de transfert des pouvoirs de l’Etat aux collectivités territoriales.

Et d’arguer que la question de la gouvernance exige l’implication des représentants de la population dans le processus de prise de décision, ainsi que des mécanismes de mise en œuvre qui assurent le suivi et l’exécution opérationnelle des programmes.

Intervenant à cette occasion, le secrétaire général de l’Observatoire nationale de développement humain (ONDH), El Hassan El Mansouri, a relevé que depuis la promulgation de la Charte des collectivités locales en 1976, l’intérêt consacré à la gouvernance locale n’a cessé de croître, affirmant que des améliorations substantielles ont pu être apportées à diverses reprises à la charte communale, mais également à la législation relative aux autres collectivités territoriales (régions, provinces et préfectures).

Cet intérêt, a-t-il enchaîné, a été rehaussé par la Constitution de 2011 dans un contexte où la réforme de l’administration accorde une grande place à la décentralisation, à la déconcentration et à la participation des acteurs à la chose publique à tous les échelons territoriaux.

Selon M. El Mansouri, la régionalisation avancée s’inscrit aussi dans cette dynamique, avec la promulgation en 2015 des lois organiques relatives aux collectivités territoriales qui encadrent désormais les avancées du Royaume en matière de transfert de compétences et de ressources vers les territoires.

Il a par ailleurs rappelé que l’ONDH avait le choix en 2011 de se pencher sur la question de la mise en place d’un cadre d’évaluation de la gouvernance locale et de la convergence territoriale adaptée au contexte national.

De son côté, le doyen de la FSJES d’Oujda, Abdellah Idrissi a mis l’accent sur les multiples réformes initiées par le Maroc en vue de consolider la gouvernance et la bonne gestion des politiques et des administrations publiques, notant à cet effet que la question de la gouvernance territoriale est considérée comme l’un des fondements indispensables des politiques et programmes gouvernementaux, de même que les collectivités territoriales, et à leur tête la région, sont des acteurs et des partenaires essentiels dans la gestion de ces espaces territoriaux.

Il a souligné dans cette veine que l’organisation de ce colloque international s’inscrit dans le sillage de l’interaction de l’université Mohammed Premier d’Oujda avec son environnement national et régional, mettant l’accent sur les missions de l’université en termes de formation des ressources humaines et de recherche.

M. Idriss a annoncé par la même occasion le lancement d’un master dédié à la formation et à la recherche dans le domaine de l’évaluation des politiques publiques, précisant que ce colloque se veut une opportunité pour enclencher une réflexion collective concernant les moyens à même de hisser le niveau de la gouvernance territoriale.

Le colloque propose un certain nombre d’axes de réflexion et d’analyse notamment « gouvernance et convergence des politiques économiques, sociales et culturelles des collectivités territoriales », « la gestion régionale, spatiale et politique de déconcentration », « la gestion des ressources humaines des collectivités territoriales », « collecte, analyse et traitement des données territoriales », « l’élaboration des politiques territoriales » et « le rôle de la recherche scientifique dans l’accompagnement des acteurs territoriaux pour une bonne gouvernance ».