Des traditions ancestrales meublent le quotidien des Oujdis à l’occasion du mois béni du Ramadan

Par: Driss HACHIMI ALAOUI

A l’instar des autres villes du Royaume, le mois béni du Ramadan dans la ville d’Oujda revêt une importance toute particulière marquée par une ambiance de piété, de solidarité et de traditions ancestrales qui embaument le quotidien des habitants de la capitale de l’Oriental.

Dès le mois de Chaabane, les familles oujdies mettent les petits plats dans les grands, en achetant les ingrédients nécessaires à la préparation des mets les plus prisés durant le Ramadan et en se préparant aussi pour des actions sociales traduisant les valeurs de solidarité et d’entraide prônées pendant ce mois béni.

Ainsi, les souks et les commerces de la ville, qui se sont bien approvisionnés, sont le théâtre d’une activité grouillante surtout en fin d’après-midi, avec les gens qui y viennent faire leurs emplettes pour le mois et garnir la table du Ramadan avec les différents aliments dont notamment les fruits secs, les dattes, les légumes et autres.

Bien que l’ambiance spirituelle soit bel et bien le dénominateur commun des différentes villes du Royaume durant le Ramadan, les habitudes alimentaires varient d’une ville à l’autre. La région de l’Oriental et sa capitale Oujda se caractérisent par des traditions culinaires qui font partie de son héritage culturel et civilisationnel sauvegardé au fil des générations.

Le Makrout, Griouch, la Zlabia, le Kaâk ou sfouf figurent parmi les mets qui meublent durant le Ramadan toutes les tables des familles oujdies, dont certaines veillent à les préparer à domicile, alors que d’autres optent pour les pâtisseries et les magasins spécialisés.

Au marché central d’Oujda situé à l’ancienne médina, la demande pour les produits alimentaires liés au Ramadan était remarquablement élevée. Un certain nombre de commerçants se sont déclarés satisfaits de la dynamique commerciale marquant ce mois.

« J’ai appris la préparation des gâteaux traditionnels depuis mon enfance », confie à la MAP, Abdelkader Jazouli, propriétaire d’une pâtisserie spécialisée dans les friandises locales.

« Mon père exerçait ce métier depuis 1941 », s’est-il enorgueilli, faisant observer qu’il y a une forte demande surtout pour les gâteaux traditionnels présentés aux clients, a-t-il assuré, à des prix abordables.

D’autres commerçants ont affirmé les mêmes tendances du marché à l’image de Nourredine qui expose avec beaucoup d’humeur et avec le sourire sa marchandise composée notamment de fruits secs et de dattes.

« Les prix varient en fonction notamment de la qualité des produits », a-t-il dit, faisant savoir par ailleurs que les amandes présentées sont des variétés locales produites à Ain Sfa et à Tafoughalt alors que les noix viennent en grande partie de l’import.

Par ailleurs, les habitants d’Oujda accordent une place toute particulière aux aspects religieux liés au mois sacré de Ramadan, en veillant notamment à faire les prières dans les mosquées, notamment celle d’Al Ichaâ et les veillées religieuses (tarawihs).

Les nuits de Ramadan sont aussi l’occasion d’échanger les visites entre familles et amis mais aussi de profiter d’un peu de fraîcheur, faire la marche et investir les places publiques et terrasses de cafés pour des moments de détente et d’évasion nocturne.

Le volet culturel n’est pas en reste en ce sens que les Oujdis répondent présents aux soirées de Samaâ et Madih organisées aussi bien dans les places publiques ou à l’enceinte du grand Théâtre Mohammed VI, outre les concours de mémorisation, de déclamation ou de psalmodie du Coran ou encore les conférences et colloques scientifiques organisés tout au long de ce mois béni.

La célébration du mois de ramadan dans la capitale de l’Oriental traduit l’attachement des Oujdis aux préceptes de l’Islam de même qu’il reflète une diversité culturelle et culinaire et la richesse du patrimoine immatériel marocain.